Les deux premières années, la foire a investi deux hôtels particuliers à l’abandon de l’avenue d’Iéna, à deux pas de la grande sœur sise sous les verrières du Grand Palais. On s’était alors déjà habitués au savant dosage de boiseries et de murs à l’état brut, de style haussmanien et de squat, qui créait un espace où il faisait bon flâner. Or, s’il ne fait plus de doute que la foire est bien partie pour rester – et, au passage, redistribuer les cartes dans les rapports de force entre foires internationales –, la troisième édition amène son lot de surprises. Exit le contexte domestique de l’hôtel particulier, direction le cœur bétonné de la vie intellectuelle française. Cette année, du 18 au 22 octobre, les cinquante-quatre galeries participantes investiront ainsi l’ancienne rédaction du quotidien Libération, qui occupait jusqu’à son départ il y a deux ans un ancien parking commercial connu pour sa vis. Impossible de prédire la forme que prendra la foire dans ce contexte architectural et symbolique imposant. Quelques pistes nous ont cependant déjà été soufflées par Clément Delépine, coordinateur de la foire aux côtés de Silvia Ammon : “Tout en laissant carte blanche aux galeries, la foire nourrit une affection particulière pour les présentations monographiques.” La galerie berlinoise BQ mettra par exemple à l’honneur le photographe Jochen Lempert, un mois avant sa grande rétrospective au Sprengel Museum à Hanovre. De son côté, la galerie Max Mayer de Düsseldorf présentera les écrans pixellisés d’Ei Arakawa aperçus cet été dans le cadre de Skulptur Projekte à Münster. Tandis que les Angeleno de Redling Fine Art offriront à Pippa Garner, implacable critique du consumérisme US trop rare en Europe, une visibilité amplement méritée.

 

Foire Paris Internationale, du 18 au 22 octobre.

11, rue Béranger, 75003 Paris.